Spectroscopie Infrarouge
La spectroscopie infrarouge est l’une des techniques analytiques les plus puissantes et les plus utilisées en chimie pharmaceutique. Que vous cherchiez à identifier un principe actif, à contrôler la qualité d’un médicament ou à surveiller une réaction de synthèse, la spectroscopie IR est un outil indispensable dans votre arsenal analytique.
Ce guide complet vous présente, de façon claire et progressive, les fondements théoriques, les techniques de préparation des échantillons et les applications concrètes de cette méthode — avec des exemples tirés de la pratique pharmaceutique.
Le spectre électromagnétique — le domaine infrarouge se situe entre le visible et les micro-ondes.
1. Introduction : Qu’est-ce que la Spectroscopie Infrarouge ?
La spectroscopie infrarouge (IR) étudie les interactions entre le rayonnement électromagnétique infrarouge et la matière. Concrètement, lorsqu’une molécule absorbe un photon infrarouge à la bonne fréquence, ses liaisons chimiques se mettent à vibrer — s’étirent, se plient, se tordent — comme les ressorts d’un mécanisme mécanique.
Ce phénomène est exploitable analytiquement : chaque type de liaison chimique (C–H, O–H, C=O, etc.) absorbe à une fréquence qui lui est propre. Le spectre IR d’un composé devient ainsi sa “carte d’identité moléculaire”, une empreinte unique qui permet son identification et sa caractérisation.
📌 Chiffre clé : Le marché mondial de la spectroscopie IR a atteint 1,3 milliard de dollars en 2023, porté par une demande croissante de l’industrie pharmaceutique et les avancées technologiques.
2. Le Spectre Électromagnétique Infrarouge
2.1 Les Trois Régions de l’Infrarouge
Le domaine infrarouge est conventionnellement divisé en trois zones, exprimées en nombre d’onde (cm⁻¹) :
| Région | Longueur d’onde (nm) | Nombre d’onde (cm⁻¹) |
|---|---|---|
| Proche IR (PIR) | 780 – 2 500 | 12 800 – 4 000 |
| Moyen IR | 2 500 – 25 000 | 4 000 – 200 |
| IR lointain | 25 000 – 50 000 | 200 – 10 |
La région la plus utilisée en pratique s’étend de 2 500 à 15 000 nm (4 000 à 670 cm⁻¹). C’est dans cette fenêtre que se trouvent la plupart des bandes caractéristiques des groupements fonctionnels organiques.
2.2 Pourquoi le Nombre d’Onde ?
Le nombre d’onde (noté ν̃, en cm⁻¹) est la grandeur pratique universellement adoptée en spectroscopie vibrationnelle. Il est directement proportionnel à la fréquence et à l’énergie de la radiation. Plus le nombre d’onde est élevé, plus l’énergie de la vibration est grande.
3. Principe Physique de l’Absorption Infrarouge
3.1 L’Énergie Moléculaire et les Transitions
L’énergie totale d’une molécule se décompose en trois contributions :
Eₜotale = E_électronique + Eᵥibrationnelle + Eᵣotationnelle
avec E_él >> Eᵥib > Eᵣot.
En infrarouge, on travaille principalement sur les transitions vibrationnelles (accompagnées de multiples transitions rotationnelles). C’est cette superposition qui confère aux bandes IR leur allure caractéristique de “bande large”.
3.2 Condition d’Absorption — La Règle du Dipôle
Pour qu’une molécule absorbe le rayonnement IR, une condition fondamentale doit être remplie : la vibration doit entraîner une variation du moment dipolaire de la molécule.
Conséquence directe : la vibration de valence symétrique du CO₂ (qui ne modifie pas le dipôle) est inactive en IR et ne donne aucun signal — tandis que sa vibration asymétrique est, elle, bien active.

4. Les Modes de Vibration Moléculaire
4.1 Vibration d’Élongation (Stretching)
La vibration d’élongation correspond à l’oscillation de la distance interatomique le long de l’axe de la liaison. Sa fréquence est donnée par la loi de Hooke :
ν = (1/2π) × √(k/μ)
où :
- k est la constante de force de la liaison (proportionnelle à son énergie)
- μ est la masse réduite du système A–B : μ = (m₁ × m₂) / (m₁ + m₂)
Ce qu’il faut retenir en pratique :
- Plus la liaison est forte (liaison double > simple), plus le nombre d’onde est élevé
- C–C : ≈ 1 100 cm⁻¹ | C=C : ≈ 1 600 cm⁻¹ | C≡C : ≈ 2 100 cm⁻¹
- Plus la masse atomique est grande, plus le nombre d’onde diminue
- C–H (μ = 0,92) absorbe à ≈ 3 000 cm⁻¹, bien au-dessus de C–C (μ = 6, ≈ 1 100 cm⁻¹)
4.2 Vibration de Déformation (Bending)
En plus de l’élongation, les liaisons peuvent se déformer : c’est la variation de l’angle entre deux liaisons. Ces vibrations se produisent à des fréquences inférieures à celles d’élongation.
On distingue quatre types principaux :
- Cisaillement (scissoring) — dans le plan : ≈ 1 450 cm⁻¹
- Rotation plane (rocking) — dans le plan : ≈ 1 250 cm⁻¹
- Balancement (wagging) — hors du plan : ≈ 720 cm⁻¹
- Torsion (twisting) — hors du plan : ≈ 1 250 cm⁻¹
4.3 Facteurs Influençant les Fréquences de Vibration
Plusieurs phénomènes déplacent les bandes observées par rapport aux valeurs théoriques :
- Conjugaison : délocalisation électronique → déplacement vers les bas nombres d’onde
- Liaisons hydrogène : l’affaiblissement de la liaison O–H ou N–H → déplacement vers les bas nombres d’onde (bandes larges caractéristiques des acides carboxyliques et alcools)
- Ordre de la liaison : triple > double > simple, dans l’ordre croissant du nombre d’onde
5. L’Oscillateur Harmonique et la Quantification de l’Énergie
5.1 Le Modèle de l’Oscillateur Harmonique
Pour modéliser la vibration d’une liaison chimique, on utilise l’analogie d’un ressort parfaitement élastique reliant deux masses. L’énergie potentielle suit alors une courbe parabolique.
La résolution de l’équation différentielle du mouvement donne une vibration sinusoïdale : x = x₀ sin(2πνt)
5.2 Les Niveaux d’Énergie Quantifiés
L’énergie de vibration est quantifiée selon la relation :
Eᵥ = hν (v + ½)
avec v = 0, 1, 2, 3… le nombre quantique de vibration.
Points essentiels :
- Les niveaux d’énergie sont équidistants (espacés de hν)
- Même à v = 0, la molécule possède une énergie résiduelle non nulle : ½ hν (énergie de point zéro)
- La règle de sélection impose Δv = ±1 pour les transitions fondamentales
5.3 La Courbe de Morse — Le Modèle Réel
En réalité, les niveaux d’énergie ne sont pas strictement équidistants. La courbe de Morse, plus réaliste, montre que les niveaux se rapprochent à mesure que v augmente, jusqu’à la dissociation de la molécule (énergie D).
6. Les Bandes Observées sur un Spectre IR
Sur un spectre infrarouge réel, on distingue trois types de bandes :
Bandes Fondamentales
Résultent de la transition v = 0 → v = 1. Ce sont les bandes les plus intenses et les plus utilisées pour l’interprétation.
Bandes Harmoniques
Apparaissent à 2 ou 3 fois la fréquence fondamentale (2ν, 3ν). Leur intensité décroît avec l’ordre de l’harmonique. Elles sont particulièrement exploitées en spectroscopie proche infrarouge (SPIR).
Bandes de Combinaison
Résultent de l’excitation simultanée de deux vibrations : ν = aν₁ + bν₂. Elles apparaissent à des énergies plus élevées que les harmoniques, sous forme de bandes larges et peu intenses.
7. Nombre de Vibrations Fondamentales
Pour une molécule à n atomes, le nombre de vibrations fondamentales est :
- Molécule linéaire : 3n – 5 vibrations
- Molécule non linéaire : 3n – 6 vibrations
Exemples concrets :
- H₂O (non linéaire, 3 atomes) : 3×3 – 6 = 3 vibrations (2 élongations + 1 déformation)
- CO₂ (linéaire, 3 atomes) : 3×3 – 5 = 4 vibrations (mais seules 3 bandes distinctes, car 2 déformations sont dégénérées)
⚠️ La vibration de valence symétrique du CO₂ est inactive en IR (pas de variation du dipôle). Ce principe s’applique à toute molécule symétrique.
8. Préparation des Échantillons en Spectroscopie IR
La qualité d’un spectre dépend largement de la préparation de l’échantillon. Les protocoles diffèrent selon l’état physique de la substance.
8.1 Substances Solides — La Pastille de KBr
La méthode la plus courante pour les solides cristallisés : l’échantillon (1 %) est finement broyé et mélangé à du bromure de potassium (KBr) pur, puis comprimé sous haute pression pour former une pastille transparente.
- Le KBr est choisi car il est transparent dans tout le domaine IR utile
- La pastille doit être parfaitement homogène et exempte d’humidité
8.2 Substances Liquides — Film entre Lames de NaCl
Quelques gouttes de la substance liquide sont déposées entre deux lames de chlorure de sodium (NaCl) de 5 mm d’épaisseur (montage “sandwich”).
Le choix du solvant est critique lorsqu’on travaille en solution :
- Grande pureté chimique
- Inertie vis-à-vis de l’échantillon
- Absorption IR minimale dans la zone d’intérêt
- Les solvants les plus utilisés : CS₂, CCl₄, CHCl₃
8.3 Substances Gazeuses — Cuvettes à Gaz
Les gaz sont analysés dans des cuvettes spéciales de 5 à 10 cm d’épaisseur, constituées de sel gemme, de bromure de sodium ou de bromoiodure de thallium.

9. Interprétation des Spectres IR — Exemples par Famille Chimique
9.1 Alcanes
| Nombre d’onde (cm⁻¹) | Attribution |
|---|---|
| 2 850 – 2 960 | C–H : étirement symétrique et asymétrique (CH₂, CH₃) |
| 1 450 | CH₂ aliphatique : cisaillement |
| 1 380 | CH₃ aliphatique : déformation symétrique |
| 720 | CH₂ aliphatique : balancement (chaînes > 4 C) |
9.2 Alcènes
La présence du groupement C=C se manifeste clairement :
- Élongation C=C : ≈ 1 600 cm⁻¹
- C–H sp² (=CH–) : ≈ 2 950 cm⁻¹ (légèrement décalé des C–H sp³)
- Repliement =C–H hors du plan : ≈ 700 cm⁻¹ (très diagnostic pour la configuration cis/trans)
9.3 Alcynes
- C≡C : étirement asymétrique ≈ 2 150 cm⁻¹ (signal fin et caractéristique)
- ≡C–H : étirement ≈ 3 300 cm⁻¹ (band fine, absente chez les alcynes di-substitués)
- Repliement ≡C–H hors plan : ≈ 600 cm⁻¹
⚠️ Un alcyne di-substitué (symétrique) ne donne aucun signal à 2 150 cm⁻¹ (vibration inactive en IR).
9.4 Aromatiques
Le noyau benzénique se reconnaît à :
- C–H aromatiques : élongation 3 000 – 3 100 cm⁻¹
- C=C aromatiques : 1 500 et 1 600 cm⁻¹
- Pattern de déformations C–H hors plan entre 700 et 900 cm⁻¹ : diagnostique du schéma de substitution (mono, ortho, méta, para)
9.5 Alcools
La présence d’un groupement hydroxyle est facilement identifiable :
- O–H : bande large et intense centrée entre 3 200 et 3 550 cm⁻¹ (élargie par les liaisons hydrogène)
- C–O : ≈ 1 050 cm⁻¹
9.6 Cétones, Aldéhydes, Acides Carboxyliques et Esters
Le groupement carbonyle C=O est l’un des marqueurs les plus fiables en IR :
| Groupement | ν (C=O) en cm⁻¹ | Notes |
|---|---|---|
| Cétone aliphatique | ≈ 1 715 | Bande intense |
| Aldéhyde | ≈ 1 725 | + 2 bandes C–H vers 2 720 et 2 820 cm⁻¹ |
| Acide carboxylique | ≈ 1 710 | + O–H large : 2 500–3 300 cm⁻¹ |
| Ester aliphatique | ≈ 1 735 | Décalé vers les hautes fréquences vs cétone |
| Ester aromatique | ≈ 1 720 | Légèrement décalé |
9.7 Amines
- Amine primaire (–NH₂) : 2 bandes N–H entre 3 300 et 3 500 cm⁻¹ + déformation ≈ 1 600 cm⁻¹
- Amine secondaire (–NH–) : 1 seule bande N–H vers 3 300 cm⁻¹
- Amine tertiaire (–N<) : aucune bande N–H (absence de proton sur l’azote)
10. Instrumentation — Du Spectromètre Classique au FTIR
10.1 Les Trois Générations d’Instruments
Spectromètre à simple faisceau : l’échantillon est placé sur le trajet d’un seul faisceau IR. Simple mais sensible aux fluctuations de la source.
Spectromètre à double faisceaux : compare en temps réel le faisceau traversant l’échantillon avec un faisceau de référence, compensant les variations instrumentales.
Spectromètre FTIR (Transformée de Fourier) : la technologie dominante aujourd’hui. Un interféromètre de Michelson module le faisceau, et un microprocesseur reconstruit le spectre par transformation de Fourier.
10.2 Avantages du FTIR
- Acquisition simultanée de toutes les longueurs d’onde (gain de temps considérable)
- Rapport signal/bruit très supérieur aux instruments dispersifs
- Résolution spectrale ajustable
- Possibilité de couplage avec d’autres techniques (chromatographie, microscopie)
📌 La technologie FTIR représente plus de 30 % des parts du marché mondial de la spectroscopie IR en 2023.
10.3 Sources de Rayonnement IR
Parmi les sources utilisées en spectroscopie IR :
- Lampes à incandescence (filament de tungstène ou carbone) pour le proche et moyen IR
- Lasers à gaz (CO₂, Ar⁺) pour des applications spécifiques
- Diodes émettrices infrarouge pour les instruments portables
- Flammes et plasma pour certaines configurations
11. La Spectroscopie Proche Infrarouge (SPIR) — Une Technologie d’Avenir
11.1 Principe et Caractéristiques des Bandes PIR
Le proche infrarouge (780 – 2 500 nm, soit 12 800 – 4 000 cm⁻¹) exploite les harmoniques et les bandes de combinaison des vibrations fondamentales. Ces bandes sont moins intenses que les bandes fondamentales, ce qui confère à la SPIR un avantage décisif :
- La lumière pénètre plusieurs millimètres dans l’échantillon
- Aucune préparation ni dilution n’est nécessaire
- Analyse directe de comprimés, poudres ou gélules dans leur emballage
11.2 Applications Pharmaceutiques de la SPIR
La spectroscopie proche infrarouge (NIRS) a gagné en importance dans l’industrie pharmaceutique en raison de sa capacité à effectuer des analyses rapides et non destructives, sans nécessiter de préparation approfondie des échantillons.
Exemples d’applications concrètes :
- Test d’uniformité de teneur des comprimés
- Identification de matières premières à réception
- Dosage simultané de plusieurs principes actifs
- Contrôle en ligne pendant la fabrication (technologie PAT)
- Détection de contrefaçons (ex. : le Plavix®, dont les contrefaçons présentent un spectre PIR distinct)
L’analyse NIR peut être réalisée en quelques secondes, permettant un contrôle de qualité en temps réel pendant la production, contrairement aux méthodes traditionnelles qui nécessitent la destruction de l’échantillon.
11.3 SPIR Couplée à la Chimiométrie
La SPIR ne s’interprète pas à la main comme l’IR moyen : elle se couple obligatoirement à des outils statistiques multivariés :
- ACP (Analyse en Composantes Principales) : pour la classification et la détection d’anomalies
- PLS (Partial Least Squares) : pour le dosage quantitatif
- AD (Analyse Discriminante) : pour l’authentification de substances
Avantages : technique rapide, non destructive, non polluante, économique. Inconvénient : les spectres ne s’interprètent pas directement — un modèle chimiométrique est indispensable.

12. Applications de la Spectroscopie IR en Pharmacie
12.1 Analyse Qualitative
La spectroscopie IR est l’outil de référence pour :
- Identification des groupements fonctionnels : la région 1 600–4 000 cm⁻¹ (vibrations d’élongation) est lue en premier
- Tests d’identité des matières premières (conformément aux pharmacopées européenne et américaine)
- Contrôle de réactions de synthèse : suivi de la disparition d’un réactif ou de l’apparition d’un produit
- Région des empreintes digitales (650–1 200 cm⁻¹) : permet l’identification sans ambiguïté d’un composé par comparaison à une bibliothèque spectrale de référence
12.2 Analyse Quantitative
La loi de Beer-Lambert s’applique en IR pour le dosage quantitatif :
A = ε × l × c
Cependant, des précautions s’imposent :
- Les bandes IR étant étroites, des déviations à la loi de Beer-Lambert peuvent survenir
- Le recouvrement spectral entre bandes proches est fréquent
- Il faut mesurer l’absorbance du solvant et de l’échantillon avec la même cellule
La spectroscopie FTIR permet de vérifier que les matières premières, les produits intermédiaires et les produits finis sont conformes aux exigences définies par les spécifications.
12.3 Exemples d’Applications Industrielles
- Analyse de mélanges d’hydrocarbures aromatiques
- Dosage de principes actifs dans des formes pharmaceutiques finies
- Détermination de polluants dans l’air (CO₂, NOₓ, COV)
- Identification du polymorphisme de substances actives (une forme cristalline vs une autre peut avoir une biodisponibilité très différente)
- Surveillance de la pollution atmosphérique en identifiant les molécules de gaz nuisibles présentes à des niveaux très bas
13. Nouvelles Tendances : Vers une Spectroscopie IR Connectée et Portable
En 2024, un spectromètre NIR portable connecté au cloud intégrant une correspondance de bibliothèque par intelligence artificielle a été lancé, avec plus de 200 unités de terrain vendues au cours de sa première année.
Les évolutions récentes de la spectroscopie IR incluent :
- Miniaturisation : des spectromètres IR de la taille d’un smartphone, utilisables sur le terrain pour l’analyse in situ de médicaments ou d’aliments
- Intelligence artificielle : les algorithmes d’apprentissage automatique améliorent drastiquement l’interprétation automatique des spectres et la détection de contrefaçons
- Imagerie hyperspectrale IR : cartographie chimique d’une surface, essentielle pour l’analyse de comprimés hétérogènes ou de contaminations
- Couplage FTIR-ATR : la réflexion totale atténuée (ATR) permet d’analyser les solides et liquides sans aucune préparation — une révolution pour le contrôle de routine
📌 Le marché de la spectroscopie IR portable devrait croître à un rythme annuel de plus de 9 % jusqu’en 2032.
Conclusion — Ce Qu’il Faut Retenir
La spectroscopie infrarouge est bien plus qu’une technique analytique parmi d’autres : c’est un langage moléculaire que tout pharmacien doit savoir lire.
Les points essentiels à maîtriser :
- Le principe : absorption de rayonnement IR → excitation des vibrations moléculaires → condition : variation du moment dipolaire
- Les modes de vibration : élongation (stretching) et déformation (bending), chacun à sa plage de nombres d’onde caractéristique
- La loi de Hooke : la fréquence dépend de la constante de force k et de la masse réduite μ
- La préparation des échantillons : pastille KBr (solides), film NaCl (liquides), cuvette à gaz
- L’interprétation : lire de gauche à droite — vibrations d’élongation (> 1 600 cm⁻¹) puis empreintes digitales (< 1 600 cm⁻¹)
- Les applications pharmaceutiques : identification, contrôle qualité, dosage, détection de contrefaçons
La SPIR couplée à la chimiométrie représente quant à elle l’avenir du contrôle qualité en temps réel dans l’industrie du médicament.
Dernière mise à jour : 2025